Pour qu'un jeune se développe de manière optimale, il y a des principes et des phases de développement à respecter.
Quel est parfois le problème ?
On met trop l'accent sur le résultat final, le classement et pas assez sur les besoins des jeunes. On vise la performance sur le court terme alors que l'on devrait viser le développement sur le long terme !
Quelques idées intéressantes (même si elles ne sont pas toujours applicables) :
Au LOU Rugby, ils sont capables de "sortir un jeune" de la compétition quelque temps pour lui permettre de combler un déficit et faire un gros travail spécifique — avec une vision à long terme.
Dans des clubs anglais, ils sont capables de "sous-classer" un jeune dont la croissance est tardive pour lui permettre de jouer avec des joueurs de même âge biologique — ainsi le joueur se développe à son rythme et ne perd pas confiance.
Âge chronologique ≠ Âge biologique
Pour bien développer les jeunes, trois points fondamentaux :
Connaître les caractéristiques des différents groupes d'âge — on ne fait pas travailler un jeune de 11 ans de la même façon qu'un jeune de 16 ans
Avoir des repères tout au long du processus de développement avec une vision à long terme
Prendre en compte l'âge biologique des jeunes et non l'âge chronologique
L'âge chronologique n'est pas forcément égal à l'âge biologique !
Âge chronologique
L'âge déterminé par notre naissance. Si je suis né en 2000, j'ai 18 ans en 2018.
Âge biologique
Ou âge "physiologique" — reflète l'état physiologique exact. Peut être inférieur, supérieur ou égal à l'âge chronologique.
Il apparaît très souvent de grandes différences chez des jeunes du même âge chronologique :
Joueur A — 13 ans
Âge bio : 15 ans
Déjà grand, lourd, fort…
Joueur B — 13 ans
Âge bio : 11 ans
Plus petit, plus léger…
Des études mettent en évidence des différences de 23 cm et 18 kg entre deux joueurs de 14 ans !
Deux joueurs, le même âge chronologique
Les repères qui jalonnent la croissance
La puberté constitue le point clé. Elle dure environ 3 ans, encadrée par la prépuberté et la post-puberté. Les termes prépubères se réfèrent aux filles < 11 ans et garçons < 13 ans.
En contrôlant la taille tous les 6 ou 12 mois, on peut tracer la courbe d'évolution et identifier le "pic de croissance" — milieu de la puberté. L'intérêt : individualiser la croissance de chaque enfant, les moyennes ne servant plus de repères.
Garçons
Fenêtre favorable à la force : 12 à 18 mois après le pic
Filles
Fenêtre favorable à la force : directement après le pic
L'âge d'entraînement (A. Broussal)
Dans "La prépa physique du jeune joueur", A. Broussal évoque l'âge d'entraînement — le nombre d'années que le jeune a passé à s'entraîner. On ne proposera pas le même volume à un jeune qui a 6 ans d'entraînement en bon club et à un jeune qui commence.
Général
Temps passé à la pratique sportive régulière (tous sports)
Spécifique
Temps passé à la pratique spécifique au football
💡 Idée intéressante — clubs anglais
Certains clubs proposent des entraînements aux jeunes du même âge biologique. Des jeunes de 13 ans "en avance" s'entraînent avec des 15 ans. Et des 15 ans "en retard" s'entraînent avec des 13 ans.
Plan de formation à long terme — 5 phases
Voici un exemple de Plan de formation à long terme (PDLT) structuré en 5 phases progressives :
Objectif : Construire les capacités motrices générales
Participer à autant de sports que possible — éviter la spécialisation hâtive
Première période critique de développement de la vitesse
Développer la vitesse linéaire ET multidirectionnelle
Commencer la force au poids du corps et médecine-ball léger
Les âges d'or
Longtemps décriés, le développement de la filière anaérobie et le développement de la force ne sont en réalité pas un danger pour l'enfant — beaucoup d'études scientifiques l'ont démontré.
Cependant, on ne peut pas travailler et développer toutes les qualités physiques à la fois. Il faudra donc faire des choix et donner des priorités.
Pour chaque qualité physique, il existerait des périodes clés nommées "âge d'or".
Si l'on travaille bien une qualité physique pendant cette période, son développement devrait être optimal — le jeune devrait beaucoup progresser. Prendre en compte ces âges d'or est une aide précieuse pour cibler les qualités à développer en priorité.
Voici quelques tendances pour le travail physique chez les jeunes :
Un schéma très intéressant de M. Lacroix résume les périodes clés et le volume à consacrer à chaque qualité physique :
Quel type de préparation physique selon l'âge ?
Il est possible de diviser la préparation physique en 3 dimensions, utilisées dans des proportions différentes selon l'âge :
Prépa physique Intégrée
Plus jeunesQualités physiques développées dans les jeux technico-tactiques
Prépa physique Associée
IntermédiairesAlternance jeux technico-tactiques et jeux "physiques" dans la séance
Prépa physique Dissociée
Proche âge adulteSéances physiques spécifiques dédiées
Ce sont des tendances générales. Il semble essentiel d'utiliser les 3 formes au cours de l'année — mais dans des proportions différentes : plus les joueurs sont jeunes, plus on utilisera la préparation physique intégrée. Plus on tend vers l'âge adulte, plus la proportion de préparation physique dissociée augmentera.
6 principes à respecter chez les jeunes
Charge croissante
La plus fondamentale sur le long terme — mais avec des accélérations et ralentissements selon les périodes de développement. La charge doit être modulée à certaines périodes de l'année. Des charges et stimuli progressifs préservent la zone de stimulation du jeune sur le long terme.
Continuité
Il faut pratiquer régulièrement pour progresser. Il est plus efficace de s'entraîner un peu souvent que beaucoup une fois. Si on s'arrête quelques semaines, les pertes sont importantes et il faudra plusieurs mois pour retrouver son niveau.
Variété
"Les charges d'entraînement uniformes conduisent rapidement à une stagnation de l'amélioration de la performance." — Weineck, 1992. Il faut régulièrement apporter de la nouveauté pour continuer à progresser.
Individualisation
Toujours tenir compte des besoins du joueur et de ses capacités. On ne proposera pas le même travail à deux jeunes de 13 ans qui ont un âge biologique très différent.
Charge utile
Une charge doit être suffisamment élevée et dépasser un seuil en relation avec le sportif et son état de forme. Chez l'enfant, on tempère ce principe selon l'âge, le développement physiologique, le moment de l'année et les contraintes scolaires.
Succession judicieuse
Chez les jeunes, les moindres capacités d'attention amènent à des enchaînements de situations plus fréquents. La DIVERSITÉ et la VARIÉTÉ sont indispensables. Formes ludiques et attrayantes.
Comment suivre la charge d'entraînement ?
La méthode RPE (Rating of Perceived Exertion) est un moyen de suivi utile pour évaluer simplement la charge "ressentie". Les questionnaires d'état de forme et de qualité du sommeil, réalisés chaque semaine, permettent aussi de déceler une fatigue passagère.
Ces données subjectives sont à mettre en relation avec les données objectives de suivi de croissance.
⚠️ La charge doit tenir compte de TOUTES les activités physiques du jeune
Pratiques à prendre en compte :
Pratique scolaire (EPS/APS)
Sélections éventuelles
Pratique libre ou familiale
Facteurs de vie à adapter :
Périodes d'examens scolaires
Vacances et regroupements familiaux
Saisons, climat et températures