À l'approche de la reprise, c'est LA question qui divise les vestiaires et les groupes WhatsApp de coachs : faut-il commencer la préparation avec ou sans ballon ?
D'un côté, les partisans du « foncier » à l'ancienne : footings, côtes, piste. De l'autre, ceux qui ne jurent que par le ballon dès le premier jour. Et entre les deux, beaucoup d'entraîneurs amateurs qui hésitent chaque été.
Il n'existe pas de réponse unique. Mais après 9 ans d'expérience auprès des coachs amateurs, des centaines de retours terrain et une demande des coachs de plus en plus forte d'avoir un maximum de ballon, nous avons une conviction claire. Voici notre réflexion.
Par quoi commencer sa préparation d'avant-saison ?
En football amateur, la reprise démarre généralement par un travail d'endurance capacité, avec l'objectif de construire une base aérobie avant d'aborder des efforts plus intenses.
Certains, comme Gilles Cometti, défendent une approche plus axée sur l'explosivité dès le début — un débat intéressant que nous traiterons dans un prochain article. Mais dans la majorité des préparations pros, on retrouve une première phase de remise en route aérobie et de renforcement. C'est aussi notre choix pour l'amateur, pour une raison simple : préparer progressivement l'organisme et limiter le risque de blessures.
Après 6 à 8 semaines de coupure, souvent sans activité structurée, tes joueurs ne reviennent pas au niveau de fin de saison. Commencer progressivement permet de reconstruire une base solide avant d'encaisser des intensités plus élevées.
Le contexte de la reprise en amateur
La vraie question n'est pas « base aérobie ou non ? »
Elle est plutôt : comment développer cette endurance de manière spécifique au football ? Et c'est là que le ballon change beaucoup de choses.
Notre position : l'endurance capacité se travaille avec ballon. Pourquoi ? Parce qu'elle correspond à des efforts d'intensité modérée — exactement ce que l'on retrouve dans des situations de jeu bien construites :
Une séance avec ballon, plusieurs dimensions travaillées
L'argument du temps : chaque minute compte
Avec trois ou quatre séances par semaine — là où un pro en enchaîne deux par jour — chaque minute doit être optimisée. Faire courir tes joueurs 40 minutes autour du terrain, c'est 40 minutes où ils ne touchent pas le ballon, ne travaillent pas la technique, ne prennent pas d'information et ne prennent aucune décision liée au jeu. Un temps précieux en amateur.
L'argument du plaisir : un amateur vient pour jouer
Un joueur amateur ne vit pas du football : il a un travail, une vie à côté, et il vient avant tout par passion, pour le plaisir de jouer. Les séances avec ballon favorisent l'engagement, la motivation et l'investissement. Un joueur qui prend du plaisir s'implique davantage.
Bonus de début de saison : des séances attractives, c'est aussi moins d'absences à l'entraînement.
Le travail sans ballon garde-t-il un intérêt ? Oui — s'il répond à un objectif précis
Nous ne disons pas que le travail sans ballon doit disparaître. Il garde toute sa place quand il répond à un objectif clair :
1. Le renforcement musculaire
Le renforcement se prête très bien au travail sans ballon : circuit training, gainage, exercices de force et de prévention. Facile à calibrer et à répéter, il prépare le corps aux contraintes de la saison et limite le risque de blessures — un vrai atout dès le début de préparation.
2. Développer la puissance aérobie
Les exercices intermittents (15"/15", 30"/30") permettent de contrôler précisément l'intensité selon la VMA de chaque joueur — une individualisation difficile à obtenir dans un jeu. Ils trouvent leur place après la première phase de remise en route, une fois la base aérobie reconstruite.
3. Renforcer la cohésion
Une séance physique collective difficile (sortie collective, défi d'équipe) renforce les liens du groupe : les joueurs se dépassent, s'encouragent et apprennent à avancer ensemble. L'objectif devient alors autant humain que physique.
4. Développer la vitesse et l'explosivité — mais plus tard
Le travail en côte ou en escaliers est un excellent outil sans ballon : résistance naturelle, poussée complète, forte sollicitation musculaire. Mais il trouve sa place dans une deuxième partie de préparation, quand on cherche à développer l'explosivité.
Avec ou sans ballon : notre conclusion
Il ne faut pas opposer les deux méthodes : chacune a son utilité selon l'objectif. Mais pour construire la base aérobie en début de préparation chez des amateurs, notre choix est clair :
Privilégier le ballon : il respecte la spécificité du football.
Il optimise le temps d'entraînement, si précieux en amateur.
Il préserve un élément essentiel : le plaisir de jouer.
Notre dosage idéal en début de pré-saison : beaucoup avec ballon, un peu sans — le travail sans ballon quand tu as prévu une sortie collective ou un défi d'équipe, par exemple.
Et concrètement, comment structurer ta pré-saison ?
C'est exactement dans cette logique qu'on a construit notre programme de pré-saison : une progression sur 5 semaines où le physique est au service du football — endurance, force, vitesse, explosivité et prévention. Objectif : arriver au premier match avec des joueurs prêts, engagés et performants.
Les deux programmes sont actuellement en promotion.